Les conseils (pétés) des réseaux — 2

Photo NylonPur en noir et blanc : une femme attache les bas d'une autre femme.

Je n’en ai jamais fait mystère, depuis que je me suis mis à porter des bas, j’ai recommencé à chercher des informations en ligne sur le sujet. Certaines sont réellement intéressantes et informatives — les sites qui les prodiguent sont d’ailleurs dans la barre de liens de ce site, à droite sur ordinateur, en bas sur un navigateur mobile et dans les limbes sur l’application de mon hébergeur. D’autres donnent des idées… folkloriques. Dans cette série, j’évoquerai chacune de ces idées, à l’aune de mon expérience, en essayant d’être à peu près objectif.

Ici, je vais m’attaquer à deux idées proposées sur un site internet. Je pense que son audience doit être relativement confidentielle et je ne vais pas travailler pour l’améliorer donc je ne mettrai pas de lien, mais avec les informations que je vais donner il devrait vous être possible de retrouver le site en question. Pourquoi je ne veux pas lui faire de publicité ? Il s’agit du site adossé à une boutique de vente de lingerie de Pigalle. J’ai regardé leurs produits, c’est correct pour les bas (pour le nylon, ils vendent des Clio, un peu petits pour moi mais plutôt valides par ailleurs) mais n’allez surtout pas leur acheter de quoi les tenir, c’est cher et adapté pour un usage strictement horizontal. Et mon autre raison est qu’ils se mêlent d’essayer de donner des conseils. Et là, franchement, à moins de très bien savoir de quoi on parle ou de pratiquer soi-même, il faut éviter : ça se voit… Illustrations.

Toutes ces « informations » se trouvent dans le paragraphe « Nos astuces pour plus de confort avec un porte-jarretelles » d’un article intitulé : « Comment mettre un porte-jarretelles ». Ce qui en soit montre le sens de l’humour du gestionnaire du site.

Des bas élastiques

Portez des bas […] avec une bonne élasticité. Les bas en nylon sont confortables et résistants […].

Techniquement, ce n’est pas faux, sous certaines conditions. Mais je trouve ce passage extrêmement mal formulé. La recommandation de porter des bas « avec une bonne élasticité », suivie immédiatement de la mention des bas nylon, ne va pas du tout : ceux-ci ont beaucoup de qualités, mais l’élasticité n’en fait clairement pas partie. Et en fait, en dehors de leur résistance supérieure, toutes leurs autres qualités découlent même de cette absence d’élasticité : le fait d’envelopper la jambe tout en douceur, sans la contraindre, de se poser dessus comme un nuage, le fait de faire ces petits plis si appréciés des personnes qui s’y connaissent un peu, le fait, aussi, d’aussi bien mettre en valeur les jambes (quand ce ne sont pas les miennes), tout ça, le nylon le doit au fait qu’il n’est pas élastique.

Alors, oui, c’est déstabilisant quand on est habituée aux collants et bas qui contiennent du Lycra, qui collent à la peau, qui s’étendent en fonction des besoins… et se déchirent sans prévenir quand ils ont été un peu trop tirés. Et, pour le coup, extrêmement inconfortable si la taille n’est pas parfaitement ajustée.

Bon, ce n’était que la mise en jambe. Le pire vient juste derrière.

On enlève tout !

Changez régulièrement de position, si vous devez rester assise enlevez votre porte-jarretelles.

Je valide bien sûr le conseil de changer régulièrement de position, et il me semble d’ailleurs que les autorités et administrations en charge de notre santé ne disent pas le contraire : mangez au-moins… non, pardon, pas celle-là. « Pour votre santé, pratiquez une activité physique régulière », voilà qui sonne bien. Ce qui est bien, c’est qu’il n’est pas nécessaire de porter des bas pour estimer sage de suivre cette recommandation. Mais les bas n’empêchent rien.

Quatre personnes courent sur un chemin dans une lande, entourées d'une végétation rase, sous un ciel bleu et un fort soleil.

Bon, pour le reste, par contre… la justification « pour éviter que les jarretelles ne se détendent » est risible. Si celle-ci sont de bonne qualité, elles ne se détendront pas, elles resteront bien sagement à la longueur que vous avez réglée en les mettant en place. C’est sûr, avec les produits vendus sur le site, c’est une autre tambouille, ceci explique peut-être cela. Sauf qu’avec ces produits là, les jarretelles vont se détendre de toute façon, aussi vrai que 2 et 2 font 4 (du moins dans toutes les bases supérieures à la base 4), et elles se détendront d’autant plus qu’elles seront portées avec des bas extensibles — testé en grandeur nature avec mon Dita, il ne tient pas la longueur toute la journée s’il n’est pas porté avec du nylon.

Mais le plus drôle vient derrière : « si vous devez rester assise retirez votre porte-jarretelles ». Euh… Pardon…? Imaginez la scène : j’arrive dans mon open-space, je m’assois… et j’enlève mon porte-jarretelles ? Et les bas, on garde ou on enlève ? Est-ce qu’on le remet pour aller aux toilettes ? Chez moi les bas remplacent mes chaussettes, est-ce que je dois mettre mes derby pieds nus, ou dois-je emmener des chaussettes dans mon sac à dos pour les remplacer quand je suis au boulot ?

Je veux dire, comment une personne humaine, qui connaît un minimum son sujet, peut-elle écrire une ânerie pareille sans se dire que, peut-être, il pourrait y avoir un truc pas très applicable ? Si vous avez peur que votre porte-jarretelles soit inconfortable si vous devez rester assise longtemps, je vois deux solutions pratiques et utilisables :

  1. Achetez-en un autre de meilleure qualité
  2. N’en portez pas

Le dernier point évoqué dans ce festival est celui des marques. Mauvaise nouvelle : elles sont inévitables, que vous soyez immobile ou non d’ailleurs. Bonne nouvelle : elles ne posent aucun problème. Oui, un porte-jarretelles laisse des marques, j’en ai déjà parlé. Mais n’importe quelle pièce de lingerie laisse des marques, que ce soit un porte-jarretelles en nylon et Lycra ou une culotte en coton. Faut-il aussi enlever la culotte pour éviter les marques en cas de position assise prolongée ?

En pratique, il y a un cas où une position assise prolongée peut rendre un porte-jarretelles de bonne qualité inconfortable, un cas qui a cependant une parade toute simple : ce cas, c’est quand les jarretelles arrière sont placées bien en arrière, et que vous vous asseyez sur le système de réglage de la longueur. Illustration avec une de mes jarretelles :

Ce truc là n’est clairement pas fait pour s’asseoir dessus : c’est épais, c’est dur, c’est presque pointu, on n’aime pas trop quand ça nous rentre dedans ! La parade ? Croiser les jambes, ça peut se faire d’un côté, puis de l’autre. Alternative ? Choisir un porte-jarretelles qui s’attache plutôt sur les côtés, on en trouve très facilement. Dans ma petite collection, qui compte une dizaine de modèles corrects, je dois en avoir 2 qui sont susceptibles de me poser ce genre de problème. Je les mets en toute connaissance de cause.

Pour conclure

Voilà. Je me suis concentré sur ces deux points, qui me semblent être les plus remarquables sur cette page. Le problème, c’est que si j’ai cité un site, il y en a des dizaines qui donnent des « conseils » de cet acabit. Sont-ils GenAI ou rédigés par un humain ? Difficile à dire, en tout cas si c’est un humain qui a écrit ça il n’y connaît visiblement pas grand chose. Mais ça, il faut le savoir…

La photo d'illustration de l'article vient de NylonPur, avec son autorisation.
Pour les personnes qui courent, la photo est de Kampus Production, sur Pexels.
La photo d'une jarretelle est une photo personnelle.


7 réponses à « Les conseils (pétés) des réseaux — 2 »

  1. superbe article

    bonne journée

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    1. Merci Patrick, bonne journée à vous aussi.

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  2. A l’époque où j’ai porté des bas nylon, internet n’existait pas… donc, pour les explications… on se débrouillait entre copines !
    Mais je ne me souviens pas avoir acheté à ce moment-là, de porte-jarretelles avec attaches à l’arrière.
    Il est vrai que c’était quand même inconfortable si on devait les porter toute la journée !
    Heureusement, l’arrivée des collants a tout bouleversé (ou presque) !

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    1. Je n’ai pas connu cette époque — je ne parle pas de celle où Internet n’existait pas, mais de celle où on pouvait se débrouiller entre copines. Mais j’ai pu discuter avec des personnes qui l’ont effectivement connue. Et leur diagnostic, c’est qu’une transmission qui, à l’époque, se faisait naturellement, n’existe plus aujourd’hui. C’est la raison pour laquelle Jean-Marie Lautre a écrit son livre : on trouve aujourd’hui trop de produits de mauvaise qualité, qu’on achète éventuellement pour essayer une fois, se rendre compte que c’est pourri, et tout balancer. La différence dans mon cas, c’est que bien qu’étant homme je pratique, je teste, et quand ce n’est pas bon, je le dis. Mes commentaires, positifs ou négatifs, sont de première main, basés sur mon expérience.

      Il y a une petite différence entre un porte-jarretelles des années 60 et un modèle moderne : un bon modèle aujourd’hui a 6 jarretelles, à l’époque ils n’en avaient que 4. Ces deux élastiques supplémentaires changent tout, même si sur ce point je suis obligé de faire confiance : je n’ai pas pu essayer de modèle ancien. Avec 4, il y en a 2 devant et 2 sur les côtés. Le modèle de ma collection où elles sont le plus en arrière est le Notting Hill de Cervin, qui entre autre pour cette raison n’est pas dans mes favoris.

      Précision : tous les liens que j’ai mis dans cette réponse sont des liens internes à ce site.

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