Je passe mon temps, je passe mes articles à essayer d’expliquer que dans notre monde moderne, avec le matériel à disposition, porter des bas est plutôt confortable, c’est en tout cas beaucoup moins inconfortable que ce qu’on imagine ou expérimente souvent avec des produits basiques. J’ai des dizaines d’articles où j’essaie d’évoquer les sensations qu’ils procurent, déstabilisantes parfois, c’est sûr, mais aussi addictives, au point de créer une forme de présence dont il est difficile de se passer une fois qu’on en a pris l’habitude. Et pourtant, dans toutes ces pages, dans tous ces articles, il y a un plaisir que je n’ai pas encore évoqué : celui de les enlever.
Parce-que quand vient la fin de la journée, il faut bien les enlever. Ne vous inquiétez pas, je ne parlerai pas de jambe en l’air ici, ni même d’effeuillage burlesque, les personnes intéressées peuvent se référer à l’article que j’avais repris chez NylonPur sur ce sujet. Je n’en parlerai pas parce-que je vous avoue que ces deux domaines ne font pas partie de mon expérience, ni côté spectateur, ni côté acteur : les choses chez moi se passent de la façon la plus simple du monde. Je l’ai déjà dit, l’état d’esprit n’est pas le même quand on met des bas avant une sortie en amoureux que quand on les met avant de réveiller les enfants pour aller à l’école, ça joue peut-être sur ma manière de les enlever.
J’ai dit que ce moment procure un plaisir intense. Celui-ci n’a rien de sexuel : c’est un plaisir lié à un simple confort. Pour en donner une idée à qui ne l’a jamais expérimenté, je dirais que c’est un peu comme cet habitant de la campagne qui, rentrant chez lui après une journée en ville, redécouvre son relatif silence, où les bruits de moteurs sont remplacés par le pépiement des oiseaux ou le bruissement du vent dans les feuilles. Plus habituel peut-être : le plaisir de passer d’une tenue très formelle portée durant la journée à une tenue plus appropriée pour une soirée cocooning, remplacer des escarpins ou des derbies en cuir par des chaussons nounours, un costume taillé un peu petit — « tiens, il me semblait que ça serrait un peu moins à la taille, avant, il a dû rétrécir, non…? » — par un pyjama trop large.
Enlever ses bas, c’est très simple : en hiver j’aime bien leur laisser le temps de me quitter tranquillement, à leur rythme. Je commence par les détacher, en général à travers mon pantalon, c’est très facile à faire en aveugle, une jarretelle après l’autre, une jambe après l’autre. Souvent, quand les bas sont libérés, je poursuis en enlevant le porte-jarretelles devenu inutile. Pour les bas, je les laisse simplement glisser. Ils prendront plus ou moins longtemps, selon ma mobilité : la descente sera rapide si je dois bouger, elle sera beaucoup plus lente si je suis assis, devant mon ordinateur ou devant un film, par exemple. Mais elle sera inévitable, je les sentirai glisser doucement, jusqu’à ce que leurs revers me tombent sur les chevilles. Là, le moment est venu de les retirer proprement, je n’ai pas envie de leur marcher dessus : je glisse mes pieds dehors, l’un après l’autre, et je me prépare à les laver. Les bas. Et les pieds. Bon, pour ceux-là, ça va souvent avec le reste de ma personne. Pour les bas, c’est dans le lavabo à côté.
En été, ou quand la température est élevée, plus de 24/25⁰1, c’est plus expéditif. Si par temps frais je peux les enlever à regret, quand il fait plus chaud ce n’est pas une option, en général j’en profite pour remplacer mon pantalon par un bermuda, même dans ces jours le port de la jupe est exceptionnel chez moi. Dans ces moments, je commence par m’isoler dans une pièce, chambre ou salle de bains selon ce qui est disponible, puis dans un premier temps enlever mon pantalon. Ensuite, je détache les jarretelles, je fais glisser les bas, l’un après l’autre et je finis tranquillement.
Dans tous les cas, c’est un petit moment qui n’est rien qu’à moi. Et c’est peut-être pour ça que j’aime presque autant les enlever que les mettre et les porter !
La photo d'illustration de cet article vient tout droit de la collection NylonPur, elle m'a semblé bien en ligne avec le thème... bien qu'un peu en décallage avec ma manière de le traiter.
- plus chaud ? Je n’en porte pas. ↩︎

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