Le corset médiatique — XVIIIe siècle

Portrait de la reine consort Charlotte de Mecklenburg-Strelitz en costume d'apparat, en 1761. Elle porte une robe de cour jaune et un manteau bleu bordé de fourrure d'hermine sur un corps baleiné. Une couronne est posée sur un coussin à sa gauche.

Cet article fait suite à celui-ci — initialement il n’y avait qu’un seul article, avant que je n’estime que les sujets abordés étaient assez variés pour justifier un autre article.

Queen Charlotte

Remontons quelques décennies plus tôt — si on en croit l’Histoire officielle, la discussion qui suit doit avoir lieu aux alentours des années 1760, Charlotte de Mecklenburg-Strelitz ayant épousé le roi George III en 1761. Du point de vue de l’Histoire du vêtement utilisé dans la noblesse, à cette époque les hommes portent habit à basques, chemise, culotte et bas, de soie dans l’aristocratie. Quant aux femmes, la partie visible inclut le corps baleiné, qui l’ancêtre du corset, et la robe à paniers. Je passe sur la perruque, très utilisée à l’époque (on est au temps où, au petit Châtelet, hôtel de police de Paris, monsieur de Sartine en faisait collection dans son cabinet) mais oubliée dans cette série.

Tout le monde n’aime pas les traductions automatiques de Google, tout le monde n’a pas une excellente compréhension de l’anglais, tout le monde n’a pas forcément envie de regarder une vidéo en lisant un article, voici donc une proposition de traduction du dialogue qui est présenté :

— Tu n’as pas bougé d’un pouce depuis 6 heures.
— Je porte une robe de soie lyonnaise, incrustée de saphirs indiens déposés sur une dentelle âgée de 200 ans. Il semblerait que si je devais trop bouger les saphirs pourraient déchirer la dentelle. Et comme si ça ne suffisait pas, la robe repose sur une armature de baleines1.
— Des baleines ?
— Oui, des baleines, mon frère. Des os de baleines. Des baleines ont dû mourir, pour que je ressemble à ça. Tous les meilleurs corsets sont en baleines. Tu le saurais si tu savais quoi que ce soit. Tu tu avais jamais fait attention, tu saurais aussi que le problème avec les baleines, c’est qu’elles sont fragiles, mais aussi très, très coupantes. Et bien sûr, je suis au sommet de la mode donc ce corset est plutôt ajusté. Donc je donne l’impression d’être une statue, ridicule à voir mais c’est parce-que je ne peux pas bouger. Et parce-que je dois me faire remarquer en arrivant, je suis obligée de porter une robe extravagante, tellement magnifique que si je bouge de trop elle peut être réduite en charpie et je peux être poignardée mortellement par mes sous-vêtements. Quel plaisir d’être une dame !

Tableau "l'escarpolette" de Fragonard, où l'artiste a peint une femme en robe rose se balançant dans une forêt. Elle est éclairée par un rayon de lumière, celui-ci laisse dans l'ombre deux hommes, l'un derrière qui tient les cordes de la balançoire, l'autre devant qui semble profiter de la vue.
Au vu de leur tenue, les protagonistes semblent être nobles. Le cadre est luxuriant, entre les arbres et les petites fleurs au premier plan.

Ici, le problème n’est pas seulement ce qui est montré, c’est aussi ce qui est dit : à la fois anachronique dans le discours, et faux dans les faits. Les vêtements semblent assez crédibles. En fait, ce qui me fait réagir ici se trouve là, dans la conscience de cette princesse que « ce sont des os de baleines, ce qui veut dire que des baleines ont dû mourir pour que je ressemble à ça » — je ne m’étendrai pas sur le fait que son truc la rend incapable de bouger, si elles sont souvent représentées assises sur les peintures les dames de l’aristocratie de l’époque ne semblaient pas être paralysées par leurs vêtements, leurs corps2 si rigides ne les empêchait ni de respirer, ni de bouger.

Quelques notes sur les corps : en dehors des baleines et du busc, ils étaient entièrement en toile, ils ne contenaient notamment pas de métal. Point important : l’œillet métallique a été inventé vers 1830. Pour la fermeture, les corps étaient lacés à travers des œillets tissés : il était physiquement impossible de les serrer trop fort, le tissu n’aurait pas résisté.

Les baleines

Les baleines, donc. Il y a d’abord une erreur de traduction, assez commune : on parle de baleines en français, qu’on traduit par whalebone en anglais. Whalebone, littéralement : « os de baleines ». Euh… non, les baleines des corsets étaient en kératine, beaucoup plus souple que des os — c’est au passage aussi la matière de nos ongles ou des cornes des rhinocéros3. En général on utilisait les fanons de baleines pour ça — en anglais, baleen. Ou d’autres matières comme des roseaux, mais le fanon était la plus efficace, la moins susceptible de se rompre, et surtout, contrairement à ce qui est dit : la moins dangereuse en cas de rupture accidentelle. Notez que l’acier n’était pas utilisé à cette époque, la technologie ne permettait pas d’en produire un qui soit de qualité suffisante pour cet usage.

Mais du coup, elle a raison, des baleines ont dû mourir, vu qu’elles ne donnent en général pas leurs fanons par plaisir ! Il se trouve qu’aux XVIIIe et XIXe siècles, les baleines étaient chassées de manière intensive. Cette chasse intensive avait-elle pour but d’affiner la taille de ces dames par le biais de corsets rigides, paralysant la moitié de l’humanité et assurant du même coup à l’autre moitié le contrôle total sur la société ?

La mort des baleines

La réponse tient en un mot : non… Les baleines étaient avant tout chassées pour leur graisse, dont on tirait un produit miraculeux, une huile qu’on pouvait utiliser partout, notamment dans la fabrication de savons et dans les lampes. Les fanons étaient un sous-produit de cette chasse — il aurait été dommage de gâcher. Sous-produit qui a d’ailleurs cessé d’être utilisé pour cet usage autour de 1850, si j’en crois mes sources, pour être remplacé par un acier que l’évolution technique avait rendu propre à cet usage, beaucoup plus facile à se procurer.

Quant aux baleines, leur chasse est devenue superflue quand on a réussi à remplacer leur huile dans tous ses usages. Et ce remplacement s’est fait grâce à des améliorations dans les lampes pour régler les problèmes d’odeurs, et à l’innovation d’un homme, Edwin Drake, à Titusville, en Pennsylvanie : il a eu l’idée étrange d’extraire l’huile de roche de la terre, réalisant l’exploit de multiplier la production pétrolière mondiale par deux dès son premier jour d’extraction (il aurait sorti une petite dizaine de barils). Dans le courant des années 1860, ce pétrole allait remplacer l’huile de baleine pour l’éclairage, avant de trouver bien d’autres usages. Était-ce par souci écologique ? Nous sommes au XIXe siècle, une époque où on croit au progrès et aux solutions que la science peut apporter aux problèmes, une époque où on commence seulement à envisager l’importance de la biodiversité (le voyage de Darwin date de la même époque), et une époque où on peut devenir un héros en commettant un massacre d’animaux (vous avez dû entendre parler de Buffalo Bill…? C’est à cette époque).

Les baleines littéraires

Il me semble intéressant de partager ici un peu de ce qu’on savait des baleines à cette époque. Il se trouve que nous avons à notre disposition un document formidable pour ça, qu’on a appelé en toute simplicité l’Encyclopédie. Que disaient les complices de messieurs Diderot et d’Alembert sur les baleines ? Je ne vais en citer que quelques extraits, l’article complet est fort long, il occupe les pages 32 à 36 du volume II de la première édition. Je garde des mots l’orthographe du texte original, et essaie de me limiter aux sections du textes qui intéressent mon propos.

Poisson4 du genre des cétacées, le plus grand de tous les animaux : c’est pourquoi on a donné le nom de baleine aux plus gros poissons, quoique de différens genres.

Les baleines que l’on prend sur la côte de Bayonne & dans les Indes, ont environ trente-six coudées de longueur sur huit de hauteur ; l’ouverture de la bouche est de dix-huit piés ; il n’y a point de dents, mais il se trouve à la place des lames d’une sorte de corne noire, terminées par des poils assez semblables à des soies de cochon, qui sont plus courts en-devant qu’en arriere. On a donné le nom de fanons aux lames qui sont dans la bouche. On les fend pour les employer à différens usages ; c’est ce qu’on appelle la baleine dont on se sert pour faire des corps pour les femmes, les busques, &c. […]

On prétend à la Chine qu’on y a vû des baleines longues de neuf cents soixante piés5 ; d’autres ont comparé ces grands poissons à des écueils, à des îles flottantes, &c. Quoi qu’il en soit de ces relations, on assûre que les premieres baleines qu’on a pêchées dans le Nord, étoient beaucoup plus grandes que celles qu’on y trouve à présent ; sans doute parce qu’elles étoient plus vieilles. On ne sait pas quelle est la durée de la vie de ces animaux ; il y a apparence qu’ils vivent très-long-tems.

[…]

3 Pêche de la baleine. De toutes les pêches qui se font dans l’Océan & dans la Méditerranée, la plus difficile sans contredit & la plus périlleuse est la pêche des baleines. Les Basques, & sur-tout ceux qui habi-​​tent le pays de Labour, sont les premiers qui l’ayent entreprise, malgré l’âpreté des mers du Nord & les montagnes de glace, au-travers desquelles il falloit passer. Les Basques sont encore les premiers qui ayent enhardi aux différens détails de cette pêche, les peuples maritimes de l’Europe, & principalement les Hollandois qui en font un des plus importans objets de leur commerce, & y employent trois à quatre cents navires, & environ deux à trois mille matelots : ce qui leur produit des sommes très-considérables ; car ils fournissent seuls ou presque seuls d’huile & de fanons de baleines. L’huile sert à brûler à la lampe, à faire le savon, à la préparation des laines des Drapiers, aux Courroyeurs pour adoucir les cuirs, aux Peintres pour délayer certaines couleurs, aux gens de mer pour en graisser le brai qui sert à enduire & spalmer les vaisseaux, aux Architectes & aux Sculpteurs pour une espece de détrempe avec céruse, ou chaux qui durcit, fait croute sur la pierre, & la garantit des injures du tems. A l’égard des fanons, leur usage s’étend à une infinité de choses utiles : on en fait des busques, des piquûres, des parasols, des corps & autres ouvrages.

Les Basques qui ont encouragé les autres peuples à la pêche des baleines, l’ont comme abandonnée : elle leur étoit devenue presque dommageable, parce qu’ayant préféré le détroit de Davis aux côtes de Groenland, ils ont trouvé le détroit, les trois dernieres années qu’ils y ont été, très-dépourvû de baleines.

[…]

L’article est encore fort long, la suite et la fin se contentent de détailler la pêche à la baleine, la gestion de son lard, les mérites comparés des méthodes des basques et des hollandais, et quelques rappels aux grandes baleines de l’antiquité : celles mentionnées par Job et Josué, images littérales de la puissance divine, et l’une ou l’autre baleine dont on a trace dans les archives d’anciens empires.

Un peu moins d’un siècle plus tard, Herman Melville allait évoquer la chasse à la baleine d’une manière un peu plus romancée dans son Moby Dick, sorti en 1851. Affrontement dantesque de l’homme et de la bête, du bien et du mal, sans qu’on sache au fond qui représente quoi entre l’homme consumé par son désir de vengeance et la bête qui ne voudra que se défendre. Je vous prie de m’excuser, si j’ai lu ce livre c’était il y a une trentaine d’années, je me base donc plus sur un avis tiers6 : si le roman évoque la raréfaction des baleines, il considère aussi que les mers sont vastes et que leur disparition à terme n’est tout simplement pas envisageable.

Pour conclure

Entendons-nous bien : il n’est pas totalement absurde qu’une princesse du XVIIIe siècle ait pu avoir une certaine conscience du bien-être animal, Marie-Antoinette est connue aussi pour la ferme qu’elle s’était fait aménager dans les jardins de Versailles pour s’éloigner de la cour quand les rituels étaient trop pesants, bien qu’elle n’ait selon les chroniques jamais sermonné son roi de mari sur la chasse qu’il goûtait fort. Mais parler de protection des baleines, à une époque où seuls d’exceptionnels voyageurs au long cours ou des pêcheurs qui en vivaient avaient pu en voir, et où pour les autres le mot désignait le monstre qui avait avalé Jonas…

Après, Bridgerton se passe dans une sorte de monde parallèle au nôtre, présentant à la base quelques différences. Il peut être admissible que dans ce monde, les baleines des corps soient faites avec des os de baleines et aiguisées comme des poignards. Il peut être admissible que dans ce monde, les corps étaient serrés à l’extrême. Il peut être admissible que dans ce monde, les tenues de cour empêchaient littéralement les femmes de bouger. Mais ce n’est pas parce-qu’un fait est admissible dans ce monde imaginaire qu’e c’est historiquement qu’il est avéré dans le nôtre. En l’occurrence, dans ce discours de Charlotte, rien ne tient la route.

Photo by Ben Phillips on Pexels.com

Quelques références

Pour l’Encyclopédie et Moby Dick, j’ai précisé mes sources.

Si voir une reconstitution moderne d’un corps à baleines, type 1780 (donc une vingtaine d’années après l’action dans la série) vous intéresse, vous pouvez aller voir ce billet d’une corsetière française — je précise qu’elle fait partie de mes sources sur le sujet du corset.

La même corsetière dispose d’un Instagram très intéressant, si l’Histoire de la mode des XVIIIe et XIXe siècles, et les bêtises qu’on raconte autour, vous intéressent.

Si vous préférez Facebook vous pouvez vous pencher sur la chaîne de Nora Minion, qui semble aime bien évaluer l’historicité des costumes des films et séries qui nous sont proposées à partir des authentiques sources historiques.

Mes autres articles autour des corsets

Mon article parle de corps, mais bon, par extension, je le mets dans ma série d’articles sur les corsets… et leurs dérivés !

La plupart des images illustrant cet article sont issues de Wikimedia Commons :
- portrait de la reine Charlotte par Allan Ramsay (1761), illustrant l'article.
- l'escarpolette par Jean-Honoré Fragonard (1767-68).

L'exception est celle de la baleine, qui est une photo de Ben Phillips sur Pexels.com
  1. Littéralement, « whalebone » se traduit pas « os de baleines », comme elle le dit juste après, mais le terme précis en corseterie en français est juste « baleines ». ↩︎
  2. Au XVIIIe siècle, on parle encore de corps ou de corps baleiné. Le mot corset désigne le lointain successeur de cette pièce qui apparaîtra dans la première moitié du siècle suivant. ↩︎
  3. Ça, c’est pour les imbéciles qui croient que la corne de rhinocéros leur permettra de retrouver leur virilité. Bouffez vos ongles, abrutis ! Et je le dis d’autant plus volontiers que je doute que ces gens me lisent ici… ↩︎
  4. La classification de Linné, qui a défini comme mammifère « toute espèce présentant des glandes mammaires » date de 1758, soit quelques années après la publication de cette première version. La baleine était donc, selon la classification d’Aristote, encore considérée comme un poisson. Voir ici. ↩︎
  5. Un « pié », ou « pied du roi », équivaut environ à 32,48cm — pour vous donner une idée de ce que représentent ces 960 pieds, la Tour Eiffel sans ses antennes sommitales culmine à 923 de ces pieds. Il y a, c’est une longue tradition, une vaste exagération concernant la Chine. ↩︎
  6. la page wikipédia↩︎


8 réponses à « Le corset médiatique — XVIIIe siècle »

  1. encore un excellent article

    bonne journée

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    1. Merci Patrick, bonne journée à vous aussi.

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  2. PERSONNE à l’époque n’aurait dit « Whales died so I could look like this. » C’est une façon de parler si XXIe siècle, je ne comprends pas le but de prétendre qu’il s’agit du XIXe siècle. D’autre part, je ne suis pas abonné à Netflix. C’est donc « not made for me, » comme d’autres personnes du XXIe siècle disent pour écarter toute telle critique.

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    1. XVIIIe, Justin, la scène se déroule peu avant le mariage de Charlotte de Mecklembourg-Strelitz, qui a eu lieu en 1761. Effectivement, un des points que j’évoque est que ce discours concernant les baleines est totalement anachronique dans notre monde (après, pour le monde de la série, je ne le connais pas, ma femme n’a pas accroché, ça règle la question…).

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  3. Ça y est: j’ai relu l’article 1 et lu celui-ci. En voilà du bon boulot ! Mes ficelles de caleçon ! ( Ben oui, ce sont les félicitations appropriées pour un article concernant le vêtement !) Ma grand-mère portait encore un corset au lieu d’un soutien-gorge dans les années soixante mais sans aucune baleine. Je revois encore cette large bande rose… vraiment pas longtemps avant qu’il n’y ait plus eu que des soutien-gorges dans mon existence… si bien que je me demande s’il s’agissait pas finalement d’un dispositif de soutien thérapeutique particulier maintenant que mon squelette me fait souffrir… En tout cas il fallait le lacer mais pas serré.

    J’ai bien apprécié ce que tu dis des oeillets « faits main » car j’ai cousu un jour un déguisement médiéval pour une pièce de théâtre et j’ai fermé la robe avec laçage. L’un des oeillets a souffert de ne pas avoir été cerclé d’acier au bout de trois séances seulement (alors que je dispose de la machine à en placer).

    Donc c’est un article qui m’a passionnée.

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    1. C’est largement oublié par la propagande qui veut faire passer le corset pour un instrument de torture mais ou, il avait aussi un rôle pour soutenir la poitrine, en plus de mieux répartir la masse de la robe — au passage, Herminie Cadolle, qui a inventé le soutien-gorge moderne, était elle-même corsetière… et au passage, un sacré personnage ! Après, dans les années 60, il pouvait aussi s’agir d’une gaine. Quoique je ne connaisse pas de gaine qu’il faudrait lacer… ce qui ne veut pas dire que ça n’a pas pu exister.

      Les œillets tissés sont très jolis… mais ils ne supportent clairement pas des charges importantes. Il faut être scénariste à Hollywood pour imaginer qu’un tel objet peut couper la respiration ! Merci, en tout cas, pour ton commentaire, je suis heureux d’avoir pu, pour changer, t’intéresser à un texte plutôt qu’à une image.

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  4. Moi aussi, ma grand-mère portait un corset. Je pense qu’il y avait des baleines aux bouts arrondis.
    Mais en quoi ?
    Elle me demandait parfois de lui lacer au dos, mais j’étais gamine et je me souviens que ce n’était pas facile.

    Oui, c’est étonnant à cette époque de penser aux baleines tuées pour utiliser les os ou fanons ! Il serait bien de trouver un ou une spécialiste des costumes de cette époque.

    Sur Wikipedia, il est dit qu’entre le XVIème et le XVIIIème, c’étaient bien des fanons de baleines qui étaient utilisés pour les corsets.

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    1. Sur un corset moderne, les baleines sont en plastique ou en métal, j’ai un article en préparation sur le sujet. L’utilisation des fanons en corsetterie n’était qu’un des usages des baleines, leur huile était littéralement un produit miraculeux dont on faisait bon nombre de choses, je te laisse revoir la citation de l’Encyclopédie que j’ai inclus dans l’article, j’y ai laissé la partie qui mentionnait tous les usages. Les fanons ont été utilisés plus ou moins jusqu’aux années 1850, quand l’industrie a été capable de produire un acier propre à cet usage : à la fois souple, résistant et qui ne se transformerait pas en lame de poignard en cas de rupture. Cet acier a très vite remplacé la kératine.

      Pour le busc (la baleine centrale du corset, amovible), il pouvait être en bois ou en ivoire, et était parfois délicatement sculpté.

      Pour les spécialistes, j’ai donné mes sources en fin d’article : une corsetière qui a un site et une présence assez forte sur les réseaux sociaux de Meta (principalement Insta et Facebook). Pour Nora elle est sur Insta et sur Youtube, je crois qu’elle est plutôt historienne, même s’il lui arrive de fabriquer des reconstitutions de vêtements historiques aussi. Je vous invite toutefois à ne pas trop les suivre, elles sont clairement des sources d’inspiration pour moi pour ce genre d’articles, même si j’y ajoute mes propres recherches !
      (cette dernière remarque est une blague, en réalité je trouve leur contenu extrêmement intéressant et je pense qu’elles méritent un peu plus de visibilité)

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