Dans le cadre d’une conversation j’ai rappelé quelques points qui me semblent fondamentaux concernant les bas, et celles qui les portent. Ces points vous sembleront peut-être évidents, je trouve toutefois utile de les rappeler. Encore et encore.
Une femme peut porter des bas pour elle. D’ailleurs, si elle en porte régulièrement, ça sera principalement parce-qu’elle aime en porter : on peut en mettre exceptionnellement pour faire plaisir à quelqu’un, mais on n’en fait une habitude que pour soi-même. Et c’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui, en porter relève d’un choix conscient, ce n’est plus un choix par défaut ou une obligation sociale.
Une femme peut prendre du plaisir à porter des bas, un plaisir pour elle-même, qui se passe très bien de la validation d’un regard extérieur, fût-il masculin, fût-il amoureux ou plein de désir, un plaisir qui n’a absolument pas besoin d’être sexuel. Ce point est lié au précédent : un usage régulier n’est possible que s’il est confortable et s’il n’est pas vu comme une contrainte.
Si la dimension sensuelle est indéniable, elle n’est pas systématique non plus. Je pense toujours à l’exemple des bas enfilés avant de réveiller les enfants, de leur préparer le petit déjeuner et de les emmener à l’école — oui, c’est mon quotidien en période scolaire. Je peux vous garantir que dans ce moment précis, quand on s’habille, on n’a pas vraiment la tête à la bagatelle, on se demande plutôt combien de temps il faudra lutter pour que N°X accepte de se lever, si N°Y va encore passer 10 minutes à chercher des chaussettes, et est-ce qu’on a assez de pain pour tout le monde ?
Une femme qui porte des bas n’est pas une exhibitionniste, et ce même si elle vous en offre un petit aperçu. Cette offrande peut être accidentelle et n’avoir rien à voir avec votre présence ; il peut s’agir d’une déduction de votre part — dans ce cas, bravo à vous. Dans tous les cas, ce n’est pas parce-que vous avez l’intuition qu’une femme porterait des bas que vous devez avoir l’intuition qu’elle pourrait vouloir que vous en fassiez étalage. Ni auprès d’un tiers, ni auprès d’elle, et encore moins si vous ne la connaissez pas ! À moins qu’elle ne vous y invite explicitement, bien sûr. Et si la vision est volontaire, comme c’est souvent le cas en ligne, ce n’est en aucun cas un appel à l’irrespect.
Enfin, une femme ne porte pas des bas parce-qu’elle aurait envie de se faire sauter dessus par le premier venu, ou le deuxième, ou n’importe quel inconnu. Je pense que c’est le point le plus important, et le plus souvent oublié par des meutes d’hommes en rut sur le web… En ligne, les conséquences sont… modérées ? Je doute que ce soit le bon mot, de toute façon se faire traiter de quoi que ce soit n’est jamais agréable, en ligne ou dans la vie réelle, et ça l’est encore moins quand ça tourne au harcèlement. Quant au monde réel, les conséquence peuvent être simplement dramatiques… S’il s’agit d’une femme qui poste en ligne des photos de ses jambes habillées de ses bas, par pitié, ne lui dites pas qu’elle est bonne, ne la contactez pas en lui disant que vous voulez « juste faire connaissance » ou pire. Des messages comme ça, elle en reçoit des centaines, qu’est-ce qui vous fait croire que le vôtre présente le moindre intérêt…?
Rappel : le fait de tenir vis-à-vis d’une personne des propos dont la répétition cause une alteration de sa santé physique ou mentale est constitutif de harcèlement. Il s’agit en France d’un délit pénal, prévu par l’article 222-33-2-2 du Code Pénal. Le délit peut être constitué si plusieurs personnes ont la brillante idée d’avoir un tel comportement, même sans concertation entre elles. Les peines encourues montent jusqu’à 3 ans d’emprisonnement et 45000€ d’amende.
Qu’en est-il des femmes qui ne portent pas de bas, qui portent des pantalons, des robes, des shorts, qui se promènent jambes nues dans des baskets, ou en collants avec des ballerines ou des escarpins, qui portent un chapeau, un bonnet, un voile ou simplement leur chevelure…? J’emprunte les mots à plus poète que moi : « qu’elle soit fille honnête ou fille de rien, qu’elle soit pucelle ou qu’elle soit putain », elle mérite bien sûr le même respect. Lequel ? C’est très simple : celui que vous aimeriez qu’on pratique à votre égard.
Ce sont des évidences… mais il me semble malheureusement utile de les rappeler…
Image d'illustration de l'article : autoportrait de Lola Saigon, d'après photo NylonPur, reprise avec l'autorisation de la modèle et illustratrice, et du photographe.

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